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Processus d'accès aux programmes de réadaptation en TCC léger

17 septembre 2026

Séance d'information pour accéder aux services de réadaptation après un traumatisme cranio cérébral léger (TTCL)

Les services de réadaptation destinés aux personnes ayant subi un TCCL restent méconnus des personnes intervenantes œuvrant dans les milieux hors du domaine de la santé.


 Téléchargez la présentation

Visionnez la vidéo pour : 

  • Comprendre les services disponibles pour les personnes ayant un TCC léger
  • Savoir orienter une personne vers les bonnes ressources
  • Clarifier les critères d’accès et le parcours de soins
  • Échanger avec des personnes expertes du réseau

Ces questions et d'autres encore, seront abordées lors de cette séance d’information animée par la chercheuse Carolina Bottari, Ph. D. et des coordonnatrices cliniques et professionnelles de trois centres de réadaptation de la région du Grand Montréal offrant un programme de réadaptation TCCL. Elles présenteront un aperçu de la prise en charge des personnes ayant subi un TCCL et répondront aux questions de l’auditoire sur les enjeux liés à l’accès à ces services pour les femmes à risque d’avoir subi un TCCL à la suite de violences conjugales. 

📅 Enregistré le jeudi 17 septembre 2026
🕛 12 h 00 à 13 h 00

Personnes conférencières

Présentation :

Carolina Bottari, professeure titulaire
École de réadaptation, Université de Montréal
Chercheuse IURDPM-CRIR

Panel : 

  • Véronique Bessette, Coordonnatrice clinique professionnelle
    Programme Trauma-Spécialisés de l’Hôpital juif de réadaptation
  • Geneviève Léveillé, Coordonnatrice professionnelle
    Programme TCC-RAIS de l’Institut de réadaptation Gingras-Lindsay de Montréal
  • Marie-Clothilde Grothé, Coordonnatrice clinique
    Programme Traumatisme Craniocérébral (TCC) du Centre de réadaptation Lethbridge-Layton-Mackay

Ces personnes expertes présentent des perspectives complémentaires issues de la clinique et de la coordination de services.

Questions et réponses sur l’accès aux services pour un TCC léger

Cette foire aux questions reprend les principaux échanges tenus pendant la période de questions. Les personnes ayant posé les questions ou ajouté des commentaires ont été anonymisées. Le nom des personnes ayant fourni les réponses est conservé afin d’en préciser la source.

Une personne ayant subi un traumatisme craniocérébral léger peut-elle être référée directement par un médecin de famille, une infirmière praticienne spécialisée ou un professionnel de première ligne, sans être passée par un centre de traumatologie?

Réponses de Marie-Clothilde et des représentantes des programmes spécialisés

Oui. Les équipes reçoivent des références provenant des centres de traumatologie, mais également de médecins de famille, de groupes de médecine de famille et d’autres ressources de première ligne.

Ces références sont parfois qualifiées de références « hors consortium », puisqu’elles ne proviennent pas directement d’un centre de traumatologie. Selon les répondantes, elles représentent une part importante des demandes reçues par les programmes.

Certaines personnes ont déjà reçu de l’information ou des services dans le réseau ou au privé. D’autres arrivent sans avoir reçu d’enseignement précis sur le TCC léger. Les équipes peuvent alors reprendre cet enseignement dans le cadre de leur intervention.

Après la référence, combien de temps une personne doit-elle attendre avant de recevoir un premier service?

Réponses de Marie-Clothilde, Geneviève et de Véronique

Les délais rapportés sont généralement de quelques mois, mais ils varient selon l’établissement, le volume de demandes, la priorité attribuée et le type de service requis.

  • Marie-Clothilde a expliqué que certains services sont offerts en groupe. Il peut donc être nécessaire d’attendre qu’un nombre suffisant de personnes soit réuni pour former une cohorte en français ou en anglais. Les personnes bilingues peuvent parfois joindre l’une ou l’autre des cohortes.

Dans l’ensemble des établissements, le délai d’attente est de quelques mois. Le tout peut varier en fonction du nombre de demandes reçues.

Le délai exact doit donc être confirmé auprès de l’établissement auquel la personne est référée.

Peut-on référer une personne qui mentionne un TCC non traité et dont l’événement remonte à plus de six mois?

Réponse de Carolina Bottari, Ph. D.

Oui. Si la personne a reçu un diagnostic de TCC, elle peut être référée.

Le temps écoulé depuis l’événement peut toutefois influencer la priorité accordée à la demande et, par conséquent, le délai d’accès aux services.

Cette réponse a d’abord été donnée dans le clavardage, puis confirmée verbalement pendant la rencontre.

Un diagnostic posé plusieurs mois après l’événement peut-il être accepté, même si la personne n’a pas consulté au moment où le TCC est survenu?

Réponses des représentantes des trois programmes spécialisés

Oui. Si un médecin pose un diagnostic après avoir évalué les circonstances de l’événement, les symptômes rapportés et leur évolution, les équipes peuvent considérer la référence même si le diagnostic n’a pas été posé au moment de l’événement.

Dans certaines situations, il peut être question d’un TCC probable. L’équipe de réadaptation rencontrera alors la personne et évaluera sa situation, ses symptômes et ses besoins.

Que doit faire un intervenant qui soupçonne un TCC léger, mais qui ne peut pas lui-même poser de diagnostic?

Réponses de Geneviève et des représentantes des programmes spécialisés

La personne devrait idéalement être dirigée vers un médecin ou une infirmière praticienne spécialisée afin d’obtenir une évaluation et, lorsque cela est approprié, un diagnostic.

Lorsqu’une telle consultation n’est pas possible rapidement, une clinique spécialisée en évaluation du TCC léger peut constituer une porte d’entrée. L’Hôpital général de Montréal a notamment été mentionné pour l’évaluation des personnes se trouvant dans la période de zéro à trois mois après l’événement.

Il a également été indiqué que certaines exceptions peuvent être envisagées, notamment pour des femmes victimes de violence, même lorsque le délai de trois mois est dépassé. La possibilité d’une évaluation doit toutefois être confirmée directement auprès de l’établissement.

Quel rôle les hôpitaux de traumatologie peuvent-ils jouer dans l’évaluation, le diagnostic et l’orientation d’une personne ayant possiblement subi un TCC léger?

Réponses de Geneviève et de Véronique

Les hôpitaux de traumatologie peuvent servir de première porte d’entrée dans le continuum de services. Selon la situation, ils peuvent :

  • évaluer la personne et confirmer un diagnostic;
  • donner de l’information sur le TCC léger et son évolution;
  • offrir certaines interventions, notamment en présence de vertiges positionnels;
  • demander une consultation en physiothérapie, en neuropsychologie ou en physiatrie;
  • orienter la personne vers un programme spécialisé lorsque les symptômes persistent et nuisent à la reprise des activités.

L’Hôpital général de Montréal et l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal ont été cités comme faisant partie du continuum de services montréalais. L’Hôpital du Sacré-Cœur dessert la clientèle de l’est de Montréal et la clientèle lavalloise. Toutefois, certaines références lavalloises peuvent provenir occasionnellement de l’Hôpital général de Montréal, qui dessert davantage la clientèle provenant de l’ouest de l’île de Montréal.

Comment orienter une femme victime de violence conjugale qui pourrait avoir subi un TCC, mais qui n’a pas de carte d’assurance maladie ou dont le statut migratoire n’est pas stabilisé?

Réponses de Geneviève, Marie-Clothilde et de Véronique

L’accès aux services peut être plus complexe lorsque la personne n’a pas de carte d’assurance maladie ou de statut reconnu. Les répondantes ont toutefois mentionné certaines possibilités.

  • La Clinique des réfugiés de Montréal peut faciliter l’accès à une évaluation médicale pour certaines personnes.
  • Une personne ayant un statut de réfugié accepté peut avoir accès au Programme fédéral de santé intérimaire, administré par la Croix Bleue, pour la couverture de certains services.
  • Une personne complètement sans statut pourrait rencontrer davantage d’obstacles pour accéder aux services.

Les répondantes ont précisé que peu de personnes couvertes par le Programme fédéral de santé intérimaire sont actuellement reçues dans leurs programmes.

Comme les règles et les possibilités varient selon la situation, les équipes recommandent de les contacter directement afin d’examiner chaque cas, de déterminer ce qui est possible et d’orienter la personne vers les ressources appropriées.

Les programmes spécialisés reçoivent-ils beaucoup de références concernant des femmes victimes de violence conjugale ayant subi ou pouvant avoir subi un TCC léger?

Réponses de Marie-Clothilde, Geneviève et Carolina Bottari, Ph. D.

Les volumes rapportés demeurent faibles, mais certaines équipes observent une augmentation des références.

  • Marie-Clothilde a indiqué que son équipe avait reçu environ cinq ou six références dans la dernière année, soit davantage que les années précédentes.
  • Une autre équipe a indiqué en avoir reçu moins de dix.

Les femmes peuvent être orientées directement en raison d’un TCC associé à la violence conjugale. Dans d’autres situations, elles sont d’abord référées à la suite d’un autre événement, comme un accident de la route, puis les échanges cliniques révèlent des TCC antérieurs associés à la violence conjugale.

Carolina Bottari a précisé que l’augmentation récente pourrait notamment être liée aux activités de sensibilisation et au travail d’ergothérapeutes dans certaines maisons d’hébergement. Ces professionnelles effectuent du repérage, accompagnent les femmes vers une consultation médicale et les soutiennent dans les démarches menant à la réadaptation.

Existe-t-il une formation pour utiliser l’outil de dépistage ou de repérage présenté pendant la rencontre? Cet outil peut-il être utilisé par des personnes autres que des ergothérapeutes?

Réponse de Carolina Bottari, Ph. D.

L’outil présenté a été conçu pour les intervenantes des maisons d’aide et d’hébergement et des maisons de deuxième étape. Il ne s’adresse donc pas uniquement aux ergothérapeutes.

Il a été décrit comme un outil de repérage plutôt que comme un outil diagnostique. Il aide les intervenantes à vérifier notamment :

  • si la femme a reçu un coup à la tête, au cou ou au visage;
  • si des symptômes sont apparus après le coup;
  • si une autre cause pourrait expliquer ces symptômes;
  • si la femme a consulté à l’hôpital ou dans une autre ressource médicale.

Lorsque le repérage est positif, la recommandation est d’encourager et d’accompagner la femme vers le réseau de la santé, notamment vers un médecin ou une infirmière praticienne spécialisée. Cet outil ne sert pas à poser un diagnostic.

L’outil de dépistage HELPS adapté a également été partagé dans le clavardage. La période de questions ne précisait toutefois pas si une formation officielle était déjà offerte pour son utilisation.

Consulter l’outil de dépistage HELPS adapté

Comment les intervenantes peuvent-elles aborder la possibilité d’un TCC avec une femme victime de violence conjugale?

Réponse de Carolina Bottari, Ph. D.

Les questions sur la violence conjugale et les coups portés à la tête peuvent être difficiles à poser. Cependant, l’absence de questions peut contribuer à ce que les symptômes demeurent inconnus, non traités et persistants.

Les intervenantes qui sont déjà en contact avec les femmes peuvent ouvrir la conversation en posant quelques questions simples sur :

  • les coups reçus à la tête, au visage ou au cou;
  • les symptômes ressentis après ces coups;
  • les changements observés dans les activités quotidiennes;
  • les consultations médicales déjà réalisées.

L’objectif n’est pas de poser un diagnostic, mais de repérer une situation préoccupante, d’informer la femme et de l’accompagner vers une ressource médicale appropriée.

L’indemnisation des victimes d’actes criminels peut-elle faciliter l’accès aux services pour les femmes victimes de violence conjugale ayant subi un TCC?

Réponses de Geneviève et des représentantes des programmes spécialisés

Les équipes de réadaptation ont indiqué avoir très peu de contacts directs avec l’IVAC. Contrairement à certains autres agents payeurs, l’IVAC ne paierait pas directement chaque heure de service fournie par leurs programmes.

Dans la pratique, la référence vers les services spécialisés provient généralement d’un médecin. L’équipe peut ensuite apprendre que la personne reçoit déjà certains services, par exemple des services psychologiques, dans le cadre de son dossier d’indemnisation.

L’accès à des services associés au dossier d’indemnisation exige également que la situation médicale soit clairement documentée. Le diagnostic peut concerner un TCC léger, mais aussi d’autres problèmes de santé associés à la violence vécue, comme un trouble de stress post-traumatique.

Quelles ressources peuvent accompagner une femme dans ses démarches auprès de l’IVAC et du réseau de la santé?

Réponses de Véronique, Catherine Boucher et Aude St-Pierre

Véronique a recommandé de faire appel aux centres d’aide aux victimes d’actes criminels et aux centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, en complémentarité avec les services de réadaptation.

Ces organismes n’offrent pas nécessairement un soutien financier, mais ils peuvent :

  • informer les femmes sur les services disponibles;
  • les accompagner dans leurs démarches administratives;
  • les soutenir dans leurs demandes d’indemnisation;
  • offrir des interventions psychosociales;
  • réduire le risque que la personne abandonne ses démarches.

Catherine Boucher a précisé dans le clavardage que les maisons d’aide et d’hébergement accompagnent aussi les femmes dans leurs démarches auprès de l’IVAC.

Aude St-Pierre a confirmé que les maisons de deuxième étape offrent également cet accompagnement.

Les services sociaux des programmes de réadaptation peuvent aussi orienter les femmes vers ces ressources et soutenir leurs démarches.

Que faire lorsqu’une situation ne correspond pas clairement aux critères habituels de référence ou qu’un obstacle empêche l’accès aux services?

Réponses de Geneviève, Marie-Clothilde et de Véronique

Les équipes recommandent de communiquer directement avec elles pour discuter de la situation. Même si elles doivent respecter certains critères et certaines consignes administratives, elles demeurent disponibles pour :

  • examiner les particularités de la situation;
  • vérifier les possibilités d’admission ou d’évaluation;
  • proposer des ressources alternatives;
  • donner de l’information sur la trajectoire de services;
  • soutenir l’intervenante dans l’orientation de la personne.

Objectif de la présentation

Soutenir la compréhension et la collaboration entre les milieux cliniques, communautaires et institutionnels.

  1. Avoir une bonne idée des services de réadaptation spécialisés offerts aux personnes ayant subi un TCCL symptomatiques 3 mois après l’accident ;
  2. Identifier les étapes d'accès à ces services pour les intervenant.e.s des organismes communautaires et socio-judiciaires et les femmes victimes de violence conjugale ayant reçu un diagnostic de TCCL ;
  3. Répondre aux questions fréquentes des intervenant.e.s  impliqué.e.s auprès des femmes victimes de violence conjugale.

Important

Cette activité n’est pas une conférence scientifique, mais une séance d’information et de sensibilisation destinée à mieux faire connaître les critères d’accès aux services de réadaptation pour les clientèles présentant un traumatisme craniocérébral léger (TCCL). Par conséquent, il n'y aura pas d'émission de certificats à la suite de cette présentation.

Contenu offert aux personnes inscrites

  1. Diapositives de présentation (PDF)
  2. Enregistrement de la conférence

À propos du projet de recherche

Co-création d’un écosystème de soutien pour les femmes victimes de violence conjugale à risque d’avoir subi un traumatisme craniocérébral (TCC)

L’équipe de la professeure Bottari mène un projet pilote d’écosystème sur le territoire du grand Montréal afin de réduire les vulnérabilités et inégalités sociales en santé. En partenariat avec l’Alliance MH2, un regroupement provincial de 38 maisons d’hébergement de 2ᵉ étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale, plusieurs maisons ont amorcé le dépistage des traumatismes craniocérébraux légers (TCCL) chez les femmes victimes de violence conjugale.

L’écosystème destiné à ces femmes repose sur la volonté des acteurs et actrices des secteurs communautaire, socio-judiciaire et de la santé-réadaptation de mettre en place une approche intersectorielle, basée sur une compréhension des champs d’intervention et des services offerts par chaque secteur.